Devenir – Fleuve et territoires mouvants

(HES-SO, 2020-2021)

Équipe de recherche
Marie Velardi et Jérôme Leuba (chefs de projet) ; Maximilien Urfer (collaborateur artistique), Meret Knobel (assistante)

Intervenant·e·s
Muriel Borgeat-Theler, historienne spécialiste du Rhône, cheffe de projets en lien avec le Rhône dans les domaines de la culture, de la formation et de la recherche pour la Fondation pour le développement durable des régions de montagne, et responsable de l’Association Mémoires du Rhône (Suisse); Marianne Gfeller, cheffe du secteur Rhône 3, VD, pour la 3ème Correction du Rhône ; Raffaella Spagna et Andrea Caretto, artistes ; Yves Citton, professeur de littérature et media à l’Université Paris 8 ; Catherine Grout, professeure  à l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille ; Francine Barthe-Deloizy, professeure agrégée de géographie, maître de conférence à l'université d'Amiens et membre du Laboratoire Espaces et cultures, Paris 4-Sorbonne; Amédée Zryd, glaciologue et professeur à la HES-SO Valais ; Nathalie Barré, chargée de mission scientifique à Montpellier au Pôle-Relais lagunes Méditerranée ; Magali Boyce, responsable de projets au Conservatoire d'espaces naturels du Languedoc-Roussillon (CEN L-R)

Partenaires
HES-SO, Le Manoir, Martigny, autres institutions à définir



Ce projet questionne la notion de territoire mouvant à partir d’expériences de terrain effectuées le long du Rhône, de sa source jusqu’à son delta. Ces expériences sont partagées avec des intervenant·s·es choisi·e·s en fonction de leurs domaines de recherche (historienne, glaciologue, géographe, sociologue, critique d’art) et donneront lieu à la création d’un film-essai et d’une édition.

Le cheminement le long du fleuve est l’occasion d’imaginer de nouvelles manières de concevoir les territoires, qui prennent en compte le défaut de représentation de la mouvance au sens élargi du terme. Que l’on songe par exemple aux cartes géographiques qui perpétuent le modèle d’un partage net et sans appel des terres et des eaux. Nous émettons l’hypothèse que certaines pratiques artistiques peuvent produire des images plus dynamiques, rendre sensible et partageable le caractère instable, indéterminé, insaisissable des territoires parcourus ou observés. C’est vers cela que le Rhône comme terrain d’étude devrait nous acheminer. Qu’est-ce que le fleuve Rhône peut nous apprendre des territoires mouvants ? Qu’est-ce que le déplacement renouvelé le long de ses rives produit, rend possible ?

Le dispositif que nous mettons en place consiste à interroger la notion de « territoires mouvants » par des déplacements à la lisière entre l’eau et la terre mobilisant notre propre corps percevant et l’accompagnement de regards avisés (intervenants). Jusqu’où supportons-nous l’incertitude ? Comment travailler avec l’incertain ? Tout l’enjeu pour nous sera de créer les conditions matérielles et subjectives qui permettent de laisser émerger le réel avec toutes ses surprises et sensations.

Il ne s’agit donc pas de choisir parmi les champs théoriques explorant la notion de « territoire » celui ou ceux qui semblent le plus à même d’en éclairer les glissements, mais bien de les mettre entre parenthèses pour se livrer à l’expérience directe et immédiate d’un terrain singulier choisi pour son caractère exemplaire ; d’accepter l’incertitude d’une quête qui ne peux se développer qu’à la condition de se déplacer et de laisser ouvert, indéterminé, l’espace à parcourir. Nous considérons que la disponibilité, la perméabilité « à ce qui vient » composent la meilleure attitude pour appréhender d’une manière originale une réalité travaillée par des forces disruptives.



Objectifs
Développer à partir d’un fleuve une perception et une compréhension affinées des territoires mouvants. 
Proposer des formes de représentation artistique des territoires mouvants et de leurs usages. 
Tester une méthodologie de recherche artistique centrée sur le déplacement et l’itinération, impliquant un principe de devenir et d’indétermination volontaire.


Résultats
La réalisation finale prendra la forme d’un essai filmique et d’une édition imprimée réalisés conjointement par les deux artistes-chercheurs.
Les résultats de la recherche seront présentés dans différents lieux qui ont rythmé les expériences le long du fleuve (liste à établir).