The project economy as a ‘medium’ for the artists: turning meaningless procedures into meaningful practices
Master Symposium 2026
Le projet est devenu une modalité de travail prépondérante pour les artistes, conservatrices, conservateurs, chercheuses et chercheurs dans le monde de l’art. Selon une étude réalisée en 2024 par l’Observatoire romand de la culture (ORC), «la gestion de projets occupe une part importante du temps de travail des artistes en Suisse romande. […] Cette charge de travail importante est accentuée par la prédominance du financement par projet: 64,03 % des artistes ont reçu un soutien financier dans le cadre d’un projet spécifique nécessitant une planification rigoureuse.» Une véritable économie de projet s’est en effet développée, qui fonctionne en parallèle avec le marché de l’art.
La plupart des professionnelles et professionnels qui évoluent dans une économie de projet s'accorderaient à dire ceci: elles et ils sont contraints d'élaborer des stratégies pour obtenir des financements, parfois au détriment de leurs propres convictions; elles et ils consacrent une grande partie de leur temps à des tâches administratives telles que la rédaction de propositions, de rapports et de budget; leur production est encadrée par des délais et des procédures de gestion qui ne sont pas adaptés à la création ou à la recherche; leur travail artistique ou universitaire est subordonné à des critères et des injonctions imposés de l’extérieur: elles et ils doivent innover, produire des résultats tangibles, résoudre des problèmes concrets; etc. C’est pourquoi l’économie de projet est généralement considérée comme un moyen d’instrumentaliser le travail des artistes. Le chercheur, conservateur et conférencier Kuba Szreder a même avancé qu’une nouvelle forme de prolétariat avait vu le jour, qu’il appelle le «projetariat».
Si l'argument de l'instrumentalisation est légitime, il n'est que partiellement vrai, car l'économie de projet laisse place à différentes formes d'action. De plus, pour mieux opérer au cœur du tissu social, les artistes engagées et engagés se sont depuis longtemps approprié le projet, ses procédures et ses méthodologies, telles que la cartographie du terrain, la collaboration au-delà des frontières disciplinaires et sectorielles, la gestion d’équipes, la résolution de problèmes, etc. Comme le documentaire Contemporary Art at the Test of the Rural: Working Modalities of Project Artists a cherché à le démontrer, en d’autres termes, certains artistes ont déjà fait du projet une sorte de médium à part entière, transformant ainsi des procédures dénuées de sens en pratiques significatives. C'est précisément cette idée que le Master Symposium 2026 cherche à explorer à Sierre, à travers des ateliers consacrés à quatre catégories de projets emblématiques de l'économie du projet: les projets Kunst-am-Bau, les projets de résidence d'artistes, les projets de recherche et les projets sociaux.
Les étudiantes et étudiants devront choisir un atelier, mais une approche commune sera appliquée dans chacun d'entre eux. Ces ateliers exploreront les moyens de transformer le projet en un support en abordant les conditions spécifiques de ces quatre types de situations (projets Kunst-am-Bau, projets de résidence d'artistes, projets de recherche et projets sociaux): dans quel contexte ces projets sont-ils mis en œuvre? Comment sont-ils structurés? Qu'attend-on des artistes? Quelles compétences requièrent-ils? Comment gérer de tels projets? Quels types d'organismes ces projets nécessitent-ils? Etc. En fin de compte, les étudiantes, étudiants, intervenantes et intervenants chargés de l'atelier se demanderont comment se positionner dans l'économie des projets et en tirer le meilleur parti.
Afin de conserver une trace de ces réflexions et de les partager avec l'ensemble des participants, chaque groupe disposera d'une demi-heure pour préparer une synthèse qui sera présentée avant la fin du colloque.
Plus d'informations: master-platform.ch