Joëlle Klaus
- Diplômée du Bachelor en Arts visuels
- 1993, basée à Sierre
- Portfolio
Medibär
Cartons et impression laser sur papier, 150 × 90 cm, 2026
Medibär est un ours qui apporte du réconfort. C'est sa fonction. Quand on est enfant, on a besoin de l'ours en peluche. On dort avec, on le traîne partout. On ne se pose pas la question et c'est normal. Et puis un jour, sans qu'on sache vraiment quand, c'est le médicament qui prend cette place. On en a besoin pour fonctionner, on le prend chaque jour, et là aussi c'est devenu naturel. La nécessité est la même, mais l'objet a changé.
Medibär ne cherche pas à dénoncer. Il ne réconforte plus tout à fait. Ou peut-être que si, mais autrement.
Quel souvenir de l'avenir gardez-vous de votre passage à l'EDHEA?
Mon passage en école d'art m'a transmis une certitude, c'est que l'avenir n'est pas un chemin tracé, mais un espace à façonner.
Le plus grand privilège de ces années d'études a été la liberté d'expérimenter sans barrières techniques. Passer d'une discipline à l'autre, de la sculpture à la vidéo, de la peinture au dessin, jusqu'à l'installation, m'a appris à ne pas m'enfermer dans une idée fixe. Mais au-delà de la technique, cette traversée a profondément nourri ma vision du monde. Elle m'a éveillée à des enjeux sociaux, politiques et environnementaux, rendant cette expérience aussi riche humainement qu'artistiquement.
Aujourd'hui, alors que ce chapitre se ferme, je réalise que le monde de l'art dépasse largement les murs de l'institution. Libérée de la pression académique et des attentes extérieures, je découvre une scène artistique vaste, alternative et vivante. Mon souvenir de l'avenir est là: dans cette possibilité de créer d’abord pour le sens que j'y mets moi-même, avant celui que les autres choisissent d'y projeter.