Chris Morgan

Payot Sion

Le photographe Chris Morgan expose une œuvre sur la façade de Payot Sion dès le jeudi 10 septembre. Elle représente cinq pangrammes, pour lesquels des photos d’insectes remplacent les caractères. L’œuvre a été réalisée sur une invitation de l’EDHEA – Ecole de design et haute école d’art du Valais, où Chris Morgan enseigne aux élèves graphistes.

L’idée de cette composition est apparue lorsque le photographe britannique et suisse établi à Genève a retrouvé, dans ses affaires de famille, des textes écrits à la machine par son père. Le matériel de l’époque reportait la force de frappe sur les pages, ce qui produisait des résultats visuellement peu homogènes mais fort expressifs.
Ces vestiges ont inspiré à Chris Morgan la réalisation d’un texte dans lequel des insectes remplacent les lettres et autres caractères. Ces insectes sont plus ou moins écrasés, par similitude avec les différentes forces de frappe visibles dans un écrit dactylographié.
Les 98 caractères de l’Unicode de base ont ainsi chacun un représentant. Des mouches, fréquentes dans notre quotidien, deviennent par exemple les voyelles, alors que des araignées se substituent aux signes de ponctuation. Pour illustrer la diversité de ces caractères, le photographe a choisi d’utiliser des pangrammes, c’est-à-dire des phrases comportant toutes les lettres de l’alphabet.

Au nombre de cinq, ils se lisent comme un cadavre exquis :

Dans un wagon bleu, tout en mangeant cinq kiwis frais
vous jouez du xylophone, voyez ce koala fou qui mange
des journaux et des photos dans un bungalow. Monsieur
Jack, vous dactylographiez bien mieux que votre ami
Wolf, par kirs de zythum jovial, ce qu’un fax du web
git ! portez ce vieux whisky au juge blond qui fume.



Chris Morgan, éléments biographiques

Né en 1964, détenteur d’un Bachelor of Art du Brooks Institute of Photography de Santa Barbara en Californie, Chris Morgan a ouvert son studio de photographie à Genève en 1988. Après un travail photographique sur le milieu urbain dans les années 80, ses recherches se portent, dès les années 90, sur le langage formel des éléments naturels, et en particulier l’insecte. Il continue ce travail avec la fragmentation, détails d’ailes d’insectes en 2003 et polyptyque de petites créatures à partir de 2010. Il expose entre autres au Santa Barbara Arts Council (1983), à la Wohnmaschine de Berlin (1990), chez Dmitri Vrubel à Moscou (1991), au Musée Réattu d’Arles (Rencontres internationales de la photographie 1999), à Paris photo (1998 et 2003), à la Ferme de la Chapelle à Genève… Il a enseigné de 1990 à 1996 à l’Art Center Europe à La Tour-de-Peilz et depuis 1997 à l’EDHEA aux élèves graphistes.



L’impression du visuel est réalisée grâce à un partenariat avec l’entreprise sierroise Enseignex.