Pupae

Une rencontre avec les fourmis

Claire Frachebourg et Matilde Soldati, étudiante et alumna Bachelor de l'EDHEA, nous invitent à plonger dans l'univers des fourmis. À les observer, à les écouter et à suivre leur trace.



Pupa, le titre du projet, est la traduction latine de 'pupe', qui désigne en français une nymphe, soit le stade intermédiaire entre la larve et l'insecte dans sa forme définitive. Il s'agit ainsi d'un être en développement, prêt à devenir l'un des membres de cette immense communauté.



J’étais déroutée dans mes propres galeries. Alors je prie le soutien des êtres qui savent jouer de ma membrane. A travers elle, j’essayai à mon tour d’envoyer un chuchotement, un frémissement à ses oreilles.
Pour elle.
Directement je m’adressai.
Pour la première fois, je n’étais pas passive, mais devenais la musicienne de mon propre corps.
C’était timide au début.
Elle n’était pas sûr d’entendre.
Elle repartait.
Je me rassurai en découvrant qu’elle était trop curieuse pour s'en aller bien loin.

"Cette exposition serait le recueil de tentatives de relations avec nos voisines gigantissimes par leur nombre et minuscules par leurs taille. Nous parlons ici des fourmis. Ou plutôt, les fourmis ici nous parlent. Dans la minutie à laquelle elles nous invitent, nous avons essayé de découvrir leur phrasé, leur musique et de la faire jouer à notre organe auditif bien différent morphologiquement du leur.
L'écoute hypnotique nous fait basculer dans un monde d'inter-débordement.
Par la mise en dialogue avec les scienti fiques du laboratoire « Social Fluids» de l'université de Fribourg, le discours, en circulant, s'élargit de curiosités et de sensibilités multiples. Les réseaux nous dispersent et nous rallient autrement. En effet, l’environnement stérile du laboratoire se mélange à notre expérience vécue dans le milieu naturel des fourmis. Cela crée un alliage, un amalgame de matérialités et de textures qui interroge la nature même de l'installation.
Avec nos yeux rouges, nous décortiquons les gardiennes des sous-sols. Mais la petite échelle ramène toujours à la grande. Poupée russe, nous nous piégeons nous-même à nous observer dans notre environnement. La fourmi décale notre regard sur d'autres proportions et d'autres temporalités.
Les observer c'est prendre conscience de leur formidable durabilité par leur capacité à vivre ensemble. Prendre conscience de leur diversité, tisser de nouveaux liens, de nouvelles manières de percevoir et de communiquer c'est s'hybrider un peu plus, c'est plonger dans le fourmissement de la complexification."



Exposition
du 1 octobre au 5 novembre 2020
au Ecohub du campus de la HEI de Sion

Vernissage
le 1 octobre 2020 à 18:00



Cette exposition est l'un des huit projets sélectionnés par le programme national U Change, qui encourage et soutient les initiatives étudiantes vers un développement durable (en savoir plus).

Claire Frachebourg et Matilde Soldati l'ont réalisé en collaboration avec l'association Utopia International, le laboratoire scientifique «Social Fluids» du département de biologie de l'Université de Fribourg, l'EDHEA, la HES-SO Valais-Wallis.