Léa Stuby

Diplômée Master de l'EDHEA en 2025, Léa Stuby est invitée à une résidence de deux mois au Quartier culturel de Malévoz. Elle nous reçoit dans l'atelier vaste et chaleureux mis à sa disposition. «C'est la première fois que j'ai un atelier si grand, se réjouit-elle. Du coup, j'y ai aménagé plusieurs postes : un bureau, un espace peinture, un salon, un coin couture, une presse de sérigraphie et même une balançoire.»

Dans le cadre de sa résidence, Léa anime chaque lundi après-midi un atelier avec les patientes et patients de l'hôpital psychiatrique. «Ça m'apprend beaucoup de choses sur le comportement humain, mais aussi sur mes propres limites. Et ça me plaît beaucoup! Le temps passe très vite, mais après ce rendez-vous je suis lessivée.» Elle propose aux participantes et participants de peindre ou de broder sur des carrés de tissu. «J'aime travailler avec le tissu, que ce soit pour de la couture, du patchwork ou autre. Comme le Quartier culturel de Malévoz ne propose pas grand-chose dans ce domaine, cette voie me semblait pertinente. Et puis, la broderie me fait du bien et m'apaise. J’ai pensé qu'elle pourrait avoir le même effet sur les autres.» Enchantée par cette proposition, Marianne Défago, animatrice socioculturelle, l'a accompagnée et, ensemble, elles ont réuni toutes sortes de tissus de récupération, des boutons, des machines à coudre et autre petit matériel.

Et la magie semble opérer. La patientèle est totalement libre de participer ou non à ce rendez-vous, comme aux quatre autres ateliers organisés chaque semaine. Mais tous les lundis, Léa accueille des gens de tout âge et de tout genre. Même hors des heures d'ouverture de l'atelier, certaines et certains viennent broder — parfois chaque jour —, profitant de se plonger dans une bulle qui les sort de leur quotidien.

Ces travaux trouveront prochainement une belle mise en valeur. En effet, Léa a accepté avec enthousiasme de décorer le mât qui sera planté dans le parc à l’occasion de la traditionnelle élévation du mât de mai, cérémonie festive qui marque l'ouverture du jardin culturel et le retour du printemps. Elle y accrochera des banderoles constituées des carrés de tissu ouvragés par la patientèle. Ce rendez-vous du 30 avril 2026 marquera sa sortie de résidence.

En attendant, l'artiste profite pleinement de son séjour. «Je vis à La Chaux-de-Fonds. Mais pendant ma résidence, je ne rentre pas chez moi: je préfère rester dans l'appartement mis à disposition par le Quartier culturel et profiter de faire des activités en Valais — des concerts, des expos, des ateliers. Il y a toujours quelque chose à faire et j'aime beaucoup être ici.»

Entretien réalisé le 31 mars 2026