Zoé Schwyzer
Du mois d’octobre 2025 à septembre 2026, Zoé Schwyzer occupe l’Atelier Tremplin de la Ferme-Asile. Cette résidence lui a été offerte par la Fondation BEA pour Jeunes Artistes, à l’issue d’un appel à concours auquel elle a participé durant son Bachelor en Son à l’EDHEA.
Rencontrée au mois de juillet, elle revient sur ce qui l’a occupée ces derniers mois. En juin, elle a présenté au Lemme une performance intitulée Rencontre de deux organismes dans un désordre organique. En mai, elle a livré une performance à la Ferme-Asile à l’occasion du vernissage des livres Indiscipline de l’Institut de Recherche en Arts visuels de l’EDHEA. «Pour ce travail sonore et performatif, j’ai pu, pour la première fois, développer un projet dans une salle de concert et collaborer avec un ingénieur du son. J’ai particulièrement apprécié ses retours, qui m’ont permis d’approfondir mes réflexions initiales, notamment sur les aspects techniques de la performance.»
En avril, elle a été co-curatrice de l’exposition Composite-Limon à l’espace culturel El Encuentro. «Nous avons donné cinq kilos de limon du Rhône à neuf artistes pour qu’iels les utilisent pour créer des œuvres inédites. J’ai beaucoup aimé m’essayer au travail de curation, en accompagnant les artistes et en cherchant à créer des dialogues entre leurs pièces.» En janvier, elle a présenté son travail Radiateurs domestiques à Art Genève sur le stand de l’EDHEA. «Au départ, je n’étais pas très à l’aise d’évoluer au cœur de ce système de monétarisation de l’art. Mais finalement il y a eu des échanges enrichissants avec le public, mais aussi avec les personnes des institutions voisines de notre stand.»
L’avenir s’annonce tout aussi riche, avec notamment une participation à la décoration des espaces du LUFF (Lausanne Underground Film Festival), une installation performative au festival Fais comme chez toi et, surtout, le 12 septembre, lors des Ateliers ouverts à l’occasion du 30e anniversaire de la Ferme-Asile.
Responsable des résidences à la Ferme-Asile, Fiona Morandini témoigne: «Zoé fait preuve d’un très bel engagement durant sa résidence. Elle accueille avec enthousiasme et professionnalisme les propositions de collaboration qui lui sont faites, et c’est un réel plaisir de suivre l’évolution de sa pratique.»
Dans son atelier, entre deux projets, Zoé fait ce qu’elle appelle des «bidouillages». Elle assemble des objets, crée des compositions, tout en développant aussi le côté sonore. «Mon travail entretient un rapport étroit au glanage : je trouve quelque chose et je l’embarque. Des choses abandonnées, mais qui ne devraient pas l’être. Un objet domestique qui se retrouve dans la rue et prend une autre dimension. Il y a, dans cette approche, une réflexion sous-jacente sur nos habitudes de consommation.»
Lorsqu’elle quittera son atelier de la Ferme-Asile, Zoé envisage de rester à Lausanne, où elle est établie et occupe un studio dans la coopérative SCALA. «Je commence à trouver une sorte d’équilibre entre ma pratique artistique et mon travail alimentaire. Et peut-être que l’an prochain je m’inscrirai dans un Master.»
En attendant, elle profite de la Ferme-Asile, des échanges qu’elle juge «hyper stimulants» avec l’équipe du bureau ainsi que les autres artistes résidentes et résidents. «Malheureusement, conclut-elle, je n’arrive pas à venir tous les jours travailler dans mon atelier. Il faut trouver un équilibre entre le travail artistique et subvenir à ses besoins. C’est aussi une réalité du milieu de l’art.»