Morgane Deiss, Une once d'espoir
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
"On se souviendra de la suite"
La formule renverse l'ordre habituel de la mémoire: on se souvient de ce qui a eu lieu, pas de ce qui vient. C'est pourtant ainsi que cette génération se souviendra, peut-être, de son passage à l'école. Non comme d'une parenthèse avant le poids des choses, mais comme du moment où il a fallu commencer à le porter: le climat qui se dérègle, les corps qu'on assigne ou qu'on efface, les violences qu'on invisibilise et qu'on n'arrive plus à taire, les futurs qu'on nous apprend à ne plus imaginer.
On retrouve ce retournement en littérature et en cinéma, par exemple dans Le Souvenir d'un avenir (2001), film de Chris Marker et Yannick Bellon, et dans Memories of the Future (2019), roman de Siri Hustvedt, qui partagent un paradoxe voisin: on peut se souvenir, avec nostalgie, non tant du passé que de la façon dont, depuis le passé, on a imaginé l'avenir.
Cette exposition s'inscrit dans cette même mémoire inversée: ce dont on se souviendra ici n'est pas le temps passé à l'école, mais les avenirs qu'on s'y est autorisé, avec beaucoup de joie, à imaginer.
Les écoles d'art sont aujourd'hui des lieux de réenchantement de l'avenir. Dans une époque qui semble de plus en plus nous empêcher d'en imaginer de meilleurs, ces lieux exceptionnels demeurent parmi les dernières zones franches où cette permission continue d'exister, collectivement, et malgré les contradictions propres à leur nature institutionnelle.
Garder des traces. Franchir des seuils. Nommer des absences. Ce sont les trois gestes qui reviennent, sous des formes irréductiblement différentes, dans les pratiques que cette exposition réunit. Ce qui s'y joue n'est jamais la nostalgie d'un avant : c'est l'usage d'un déjà-là - un héritage, une matière, une langue, un geste transmis - comme matériau d'un pas-encore.
A chacune et chacun des diplômées et diplômés, une seule question est posée: quel souvenir de l'avenir gardes-tu de ton passage ici? Les réponses, plurielles et disparates comme les pratiques qu'elles accompagnent, composent un texte à plusieurs voix.
On se souviendra de la suite ne raconte donc pas une histoire. Elle ouvre une constellation de futurs déjà en cours d'invention, à habiter ensemble dans les murs du Manoir de la Ville de Martigny et de la Fondation Louis Moret.
Vittorio Parisi, curateur
Du 19 septembre au 3 octobre 2026, le Manoir de la Ville de Martigny et la Fondation Louis Moret accueillent l'exposition de travaux de diplômes Bachelor et Master 2026.
Avec les travaux de
Morgane Deiss, Syméon Eltschinger, Filippo Fibbioli, Léane Fuld, Jessami Gaillard, Maïa Gemmet, Joëlle Klaus, Ganimet Kukaqi, Jeanne Vinçani, Estrella Maria Wyss (Bachelor en Arts visuels)
Maurice Eggel, Solène Gonnet (Bachelor en Son)
Claire Frachebourg, Zoé Gronchi, Pauline Humbert, Marcel Kpoho, John-Félix Lehmann, Léonard Rossi, Anna Lucia Schaffter, Nina Nicola Schipoff, Chloé Sonderegger, Michaël Tsang, Liqi Wang (Master MAPS+S)
Curation: Vittorio Parisi, responsable de la filière Arts visuels
Présentation de l'exposition par Vittorio Parisi sur les ondes de Rhône FM (16 septembre 2026)
Exposition: du 19 septembre au 3 octobre 2026
Vernissage: 19 septembre, 17h
Manoir de la Ville de Martigny, Rue du Manoir 3, Martigny
Fondation Louis Moret, Chemin des Barrières 33, Martigny
17h00 Ouverture des portes
Manoir de la Ville de Martigny et Fondation Louis Moret
17h20 Allocution
Manoir de la Ville de Martigny
17h30 Apéritif
Manoir de la Ville de Martigny et Fondation Louis Moret
18h00 Performance Arnaud Gronchi
18h20 Performance Maïa Gemmet
18h40 Performance Syméon Eltschinger
Manoir de la Ville de Martigny
20h30 Fin du vernissage
A l’occasion de l’exposition, nous avons invité les diplômées et diplômés à répondre, librement et selon leur envie, à une question faisant écho au titre de l’exposition:
«Quel souvenir de l’avenir gardez-vous de votre passage à l’EDHEA ?»
Autrement dit, les futurs qu’elles et ils se sont autorisés à imaginer durant leurs années en école d’art. Les réponses réunies dans les pages ci-dessous composent ainsi un archipel de pensées, de mémoires, de désirs.
Morgane Deiss, Une once d'espoir
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Maurice Eggel, Sustain
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Syméon Eltschinger, Le rouge à lèvres bleu
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Filippo Fibbioli, Match Point
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Claire Frachebourg, Aimant
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Léane Fuld, Home Sweet Home
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Jessami Gaillard, Abadenn Drag
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Maïa Gemmet, Mur de pisses
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Solène Gonnet, Mordant collatéral
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Arnaud Z. Gronchi, Soft Links (Pixels, Atoms & Dreams)
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Pauline Humbert, Tendre héritage
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Joëlle Klaus, Medibär
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Marcel Kpoho, Barrières invisibles
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Ganimet Kukaqi, Lindje Lidhje
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
John-Félix Lehmann, Discordia : Storytelling
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Léonard Rossi, Le silence des pantoufles
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Anna Lucia Schaffter, Occupations fragiles
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Nina Nicola Schipoff, Is anybody out there? Communication sans cerveau au-delà de ma perception
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Chloé Sonderegger, Une part de vous
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Michaël Tsang, Ce qui se déplace entre nous
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Jeanne Vinçani, The Painting
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Liqi Wang, La grille, Devenir, Entrer dans, Croître vers l’extérieur (The grid, Becoming, Go into, Grow outward)
Photo: Yannick Abbruzzese / EDHEA
Le site edhea.ch utilise des cookies pour réaliser des statistiques anonymes de visites et optimiser ses fonctionnalités. En poursuivant votre navigation, vous acceptez l’utilisation de cookies. Plus d’informations.