Joseph Beuys au CUBE

Projection de «I Like America and America Likes Me»

Joseph Beuys
LE CUBE / édhéa-TLH
Projection de I Like America and America Likes Me
Du samedi 19 au samedi 26 janvier 2019

I like America and America likes Me

Film 16 mm, transféré en video, noir & blanc, 37’
Une action de Joseph Beuys filmée en 1974 par Helmut Wietz

I like America and America likes Me se déroule à la galerie René Block à New York en 1974. Un espace de la galerie délimité par une grille sert de refuge, pendant trois jours, à Joseph Beuys et à un coyote capturé pour l’occasion dans le désert du Texas. Ayant décidé de ne pas poser les pieds aux États-Unis avant la fin de la guerre du Vietnam, il est amené en ambulance depuis l’avion et repart de la même manière dès la fin de la performance. Il désire ne rencontrer de ce pays que le coyote, animal sacré, dieu des Indiens, représentant selon lui, «le point névralgique psychologique du système entier des énergies américaines: le trauma du conflit de l’Américain avec l’Indien.» Il évoque même la réconciliation karmique du continent nord-américain. C’est donc en chaman, par des rituels précis, que Beuys tente de prendre contact avec cet esprit coyote. Il réalise une séquence cyclique d’actions, impliquant plusieurs matériaux et accessoires à charges symboliques, qui confrontaient le monde des énergies, à celui rationnel de l’homme moderne: de son habituel chapeau de feutre, une lampe de poche, image d’énergie, à des gants bruns représentant la liberté et flexibilité de la main humaine… Chaque jour, des exemplaires du Wall Street Journal sont livrés dans la cage et sur lesquels le coyote urine. Pour l’artiste, ils représentent «la tyrannie exercée par l’argent et le pouvoir».

Cette performance a été revisitée par Anish Kapoor en 2017. En réaction à l’élection de Donald Trump, il a repris l’affiche de la performance en modifiant le titre en I Like America and America Doesn’t Like Me.


Joseph Beuys
L’artiste allemand Joseph Beuys (1921—1986) a marqué l’histoire de la performance par ses actions qui combinaient des éléments sculpturaux et des matériaux organiques dans un agencement conceptuel. Ses performances tendent vers une forme de rituel chamanique et la création d’expériences radicales aux vertus spirituelles de guérison et de régénération.