Oliver Steiger

Au mois de juin 2025, Oliver Steiger obtenait non seulement son diplôme du Bachelor en Son de l'EDHEA, mais aussi une résidence d'un an au centre artistique et culturel la Ferme-Asile, à Sion. Quatre mois après s'y être installé, il livre ses premières impressions.

«Sortir de l'école est une étape difficile. On quitte un paradis où on avait tout et on est comme lâché dans le vide. Alors pouvoir travailler dans cet atelier de la Ferme-Asile représente un grand soutien. Cela m'offre la liberté de faire ce que je souhaite. Bien sûr, un soutien financier complémentaire permettrait de rendre les choses plus faciles encore. Mais devoir trouver l'équilibre entre travail alimentaire et travail artistique est une réalité pour les artistes. Il faut s'y confronter le plus tôt possible.» Et de fait, quand il n’est pas dans son atelier, Oliver travaille sur un projet d’architecture à Lucerne.

A Sion, il réalise des vidéos dans lesquelles il se met en scène. «C'est un format très court et humoristique, avec un caractère absurde assumé. Les sujets me viennent en tête spontanément et je les déploie avec une grande simplicité.»
En parallèle, il se consacre également beaucoup à la musique, que ce soit sur l’ordinateur, ou sur un petit clavier. «Là aussi, j'essaie de rester simple et je m'amuse à chanter des paroles kitsch. Tout ça est très intuitif et improvisé. Je m'efforce de laisser les choses se faire telles qu’elles viennent. Si j'y réfléchis, ça casse mon élan et je me sens bloqué.»
C'est d’ailleurs son intérêt pour la musique qui l'avait poussé à s'inscrire au Bachelor en Son de l'EDHEA. «A l'époque, je faisais du beat hip hop et j’étais très intéressé par les bruits bizarres. Le Bachelor en Son m’a permis de comprendre ce que j'aimais faire ou non. Au début, son approche très conceptuelle du son me fascinait. Puis, j'ai ressenti l’envie de moins intellectualiser.»

Son objectif à présent? «Comprendre ce que j’aime faire. Pendant mes études, je me demandais si je travaillais pour les profs ou pour moi. Il y avait les rendus, les jurys, etc. J'ai l'impression que je travaillais pour honorer les échéances et j'ai dû faire des compromis dans ce que je réalisais. Maintenant, personne n'attend rien de moi et je peux m‘adonner à de l'introspection.»

Entretien réalisé en février 2026